Compère Lapin et Compère Bouc — Contes de fée méconnus

Il était une fois Compère Bouc et Compère Lapin qui désiraient marier la même jeune femme. Devant son père lui demandant de choisir, la demoiselle affirma qu’elle préfèrerait marier Compère Bouc puisque la queue de Compère Lapin était trop courte.

Puisque Compère Bouc voulait se parader comme le premier choix devant tout le monde, il proposa d’organiser un grand bal le samedi à venir. Il ne manqua évidemment pas de demander à Compère Lapin d’amener son violon calebasse, le sachant un merveilleux musicien.

Le vendredi en matinée, soit la veille du grand bal, Compère Renard vint visiter Compère Lapin chez lui. Il l’avertit d’être prudent au bal du lendemain, puisque Compère Bouc avait planifié de l’humilier devant les autres! Compère Renard partagea également que la jeune femme dont la main était convoitée préférait son ami Bouc puisqu’il avait une plus longue queue!

Compère Renard ajouta qu’il ne devait répéter ses paroles à personne, car les affaires des moutons ne regardaient pas les chèvres.

Compère Lapin acquiesça et dit au revoir à son ami. Puis, il partit ouvrir son armoire, sortir son chapeau et enfila celui-ci en plus de son plus bel habit. Il se brossa les poils dans le bon sens et se rafraîchit l’haleine avant de se diriger vers la maison de la demoiselle. Après avoir cogné à la porte, celle-ci s’ouvrit pour révéler une magnifique jeune femme ravie de le voir.

Elle lui demanda s’il allait assister à la fête du lendemain et amener son violon calebasse pour faire danser la foule. Compère Lapin répondit par l’affirmative, avant d’ajouter que Compère Bouc avait été le cheval de son grand-père. Ainsi, Compère Lapin arriverait sur son dos en le chevauchant!

La demoiselle, ébahie, lui demanda s’il lui jouait un tour. Compère Lapin lui répondit qu’elle verait bien demain! Puis, Compère Lapin retourna chez lui. Le lendemain vers midi, Compère Bouc passa dire bonjour à Compère Lapin qui mangeait du gombo.

— Bonjour, Compère Lapin! Serez-vous des nôtres ce soir? demanda Compère Bouc.

— Bien sûr, passez me voir et nous irons ensemble, lui répondit Compère Lapin.

Compère Bouc s’en accorda et continua son chemin. Comme convenu, Compère Bouc passa par la maison de Compère Lapin le soir arrivé en direction de la maison de la demoiselle. Il frappa deux coups, puis attendit qu’on lui ouvre la porte. La mère de Lapin vint lui ouvrir, de l’inquiétude sur le visage. Elle lui apprit que Compère Lapin ne se sentait pas bien, puisqu’il avait mangé trop de gombo et était coincé au lit.

Compère Bouc alla voir son ami Lapin et tenta de le convaincre de venir, puisque la soirée ne serait pas la même sans lui. Il fallait à tout prix qu’il assiste à la bamboula ou elle n’aurait pas lieu. Ne voyant rien du subterfuge de Comère Lapin, Bouc lui proposa même de l’amener sur son dos pour la moitié du chemin.

— Non, non, je me ferais trop secouer par ta course, lui répondit Compère Lapin.

— Je te promets de ne pas courir tout le temps, dit Compère Bouc.

Compère Lapin fit semblant de réfléchir, puis feignit se lever du lit avec grande difficulté et alla cherche sa selle.

— Je n’arriverai pas à tenir sur ton dos dans ma selle.

Compère Bouc grommela, mais accepta tout de même de porter la selle sur son dos. Puis, Compère Lapin ramassa son fouet et ses éperons, à l’étonnement de Compère Bouc.

— Mais qu’est-ce que tu comptes faire avec ça?

Compère Lapin lui répondit que le fouet était pour tuer les mouches qui pouvaient agacer Compère Bouc sur le chemin. Bouc accepta donc qu’il l’emmène.

Compère Lapin monta donc sur la selle de Compère Bouc et ils commencèrent le chemin. Lorsqu’ils s’approchèrent de la moitié du trajet, Compère Bouc s’arrêta. La maison de la jeune femme se trouvait à une courte distance de l’autre côté de la rivière. Un magnifique pont leur restait à traverser avant d’y être.

— Mon ami, s’il te plait, aide-moi à traverser le pont, je me sens mieux, mais pas si bien que ça encore.

Compère Bouc soupira, mais accepta la demande de son camarade de lui faire traverser le pont sur son dos. Une fois de l’autre côté, Compère Bouc s’arrêta à nouveau, demandant à son copain de descendre avant qu’on ne le voit.

À la place, Compère Lapin lui répondit qu’il avait un trop bon cheval pour s’arrêter maintenant, enfonça ses éperons dans ses flancs et le frappa de son fouet.

Compère Bouc partit en courant, paniqué et en douleur. Dès qu’ils arrivèrent près de la demeure de la demoiselle, Compère Lapin sauta sur le balcon et dit au domestique d’alle enfermer son vieux cheval dans l’écurie. Il le prévint également de prendre garde à ce qu’il ne se sauve!

Compère Bouc, toujours bridé et la honte estampée sur le visage, n’osa pas signaler sa présence à la demoiselle et se laissa plutôt guider vers l’écurie.

On amena à Compère Lapin son violon calebasse et il joua de la musqiue la soirée durant. Pendant ce temps, Compère Bouc planifiait de s’échapper de l’écurie. Il attendit qu’on vienne porter les assiettes aux chevaux, puis il se faufila derrière la porte en courant. Il ralentit seulement la cadence lorsqu’il atteignit la rivière.

Là-bas l’y attendait Compère Renard, prêt à se moquer de lui. Celui-ci avait vu la scène du début de la soirée et la trouvait toujours aussi marrante quelques heures plus tard.

Compère Bouc expliqua à Renard sa colère, mais ce dernier s’étant lié d’amitié avec Compère Lapin refusa de l’aider à se venger. Cependant, lorsque Compère Bouc fit chatoyer quelques pièces d’argent devant ses yeux, Compère Renard changea soudainement de camp. Compère Renard partit donc se cacher dans l’herbe haute bordant le chemin près duquel Compère Lapin devrait passer pour revenir chez lui.

Lorsque Compère Lapin sortit de la fête, le domestique l’avertit que son cheval s’était sauvé. Les poils de l’échine de Lapin se dressèrent. Il devait faire attention à lui, parce que Compère Bouc préparait sûrement sa vengeance.

Lorsqu’il rejoignit le chemin menant vers chez lui, il vit l’herbe se trouvant tout près frémir et le doute passa dans son visage. Compère Lapin tenta donc de s’enfuir, Compère Renard à ses trousses. Pour fuir où on ne pourrait le suivre, Compère Lapin sauta dans un trou. Renard demanda à Compère Oie tout près de guetter le trou pendant qu’il allait chercher un tisonnier brûlant.

Une fois Compère Renard éloigné, Compère Lapin attira Oie en lui promettant de délicieux colimaçons dans le trou. Dès que l’oiseau fut au-dessus de la trappe, Compère Lapin l’éborgna avec un bâton avant de s’enfuir à la course.

Compère Renard revint avec le tisonnier blanc, mais vit Compère Lapin s’enfuir au loin. Pris de rage de s’être fait avoir, Compère Renard mordit la queue de Compère Oie. Ensuite, il retourna voir Compère Bouc et lui expliqua ce qui s’était passé. Bouc réfléchit, puis dit à Compère Renard de prétendre qu’il soit mort de fatigue en s’enfuyant de l’écurie et d’inviter Compère Lapin à son supposé enterrement le lendemain.

Compère Lapin fut triste d’apprendre la nouvelle et se dirigea à la résidence de Compère Bouc, où il trouva son ami couché sur la table. Par la fenêtre, Compère Lapin dit qu’il trouvait le corps étrange, puisque les morts font normalement la grimace! Tout de suite, Compère Bouc fit une grimace. Compère Lapin dit alors que les morts ne changeaient pas d’expression et s’enfuit. Compère Renard partit à sa poursuite, mais on dit qu’il courrait toujours à ce jour.

La série Contes de fée méconnus englobe des contes, mythes et légendes varié.e.s provenant des quatre coins du monde. Pour en lire davantage, visitez cette page dédiée aux articles de fiction.

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