Anansi et le lion — Contes de fée méconnus

Il y a très longtemps, le farceur Anansi, telle est sa nature, planifiait un mauvais tour. Pour cela, il se rendit en ville et s’y procura de nombreux barils de graisses, ainsi que des sacs, des pelottes de ficelle et de corde, et une très grande poêle à frire. Ensuite, ses achats sous la main, il se dirigea vers la baie pour appeler le poisson-chef de la mer.

Pour ce faire, il souffla dans un gros coquillage, puis cria le nom du chef à tue-tête.

— Anguille verte! s’écria-t-il. Je suis envoyé par le roi pour t’informer que tu dois amener tous les poissons sur le rivage, puisque le souverrain veut leur donner une nouvelle vie.

Anguille verte partit donc avec excitation chercher ses congénères pour les amener sur le rivage. Dès que les poissons s’approchèrent d’Anansi, le farceur les prit dans ses mains et les lança dans sa poêle chaude pour les faire frire. Le seul être qu’il ne réussit pas à attraper fut le poisson-chef, qui glissa entre ses doigts et retourna au fin fond de l’étendue d’eau en maudissant Anansi.

Lorsque l’homme-araignée eut terminé de faire frire tous les poissons, il les transféra dans ses sacs et repartit vers les montagnes avec le sac sur le dos. Il n’avait pas marché une heure qu’il croisa le Lion.

— Compère Anansi, où es-tu parti? Ça fait longtemps que je ne t’ai pas vu.

Anansi lui répondit qu’il avait simplement passé du temps sur la route, à voyager dans les alentours. Il tenta de continuer son chemin, mais le Lion lui bloqua la route.

— Oh, mais qu’as-tu là? lui demanda le Lion en pointant les sacs d’Anansi de son museau.

— Ce sont les os de ma mère, mentit Anansi en cachant ses sas dans son dos. Elle est morte il y a des lunes, je ne peux donc pas la garder avec moi et dois aller l’enterrer dans les bois en montagne.

Le Lion, bien que douteux de la véridacité de la réponse, acquiesça et partit de son côté, laissant Anansi continuer son chemin. Ce dernier attendit que le Lion soit hors de son champ de vision, puis trouva une petite clairière, y posa ses sacs, et s’assit pour manger.

Cependant, dès qu’il sortit un morceau de poisson de ses réserves, une mouche vola autour du farceur, qui s’exclama : « Je ne peux pas manger ici, je ne suis pas seul ». L’homme-araignée ramassa donc ses sacs et reprit son chemin vers le sommet.

Quelques minutes plus tard, Anansi tomba sur une autre clairière, légèrement plus spacieuse que la dernière, et s’y installa une fois encore pour prendre son repas. Heureusement, aucune mouche ne semblait l’avoir suivi, il engouffra donc son poisson avec ferveur.

Dès qu’il eut terminé son deuxième morceau, le Lion apparut soudainement près de lui.

— Compère Anansi, c’est une belle histoire que tu m’as racontée, lui dit le Lion, plissant les yeux d’irritation.

— Ah! Mais Compère Lion, que je suis content de te voir. Cette histoire n’était que pour rigoler, viens, joins-toi moi.

Ainsi, le Lion se joignit au repas d’Anansi, dévorant tout le poisson contenu dans un sac avant même que l’homme-araignée ne puisse terminer le morceau qu’il tenait entre ses mains.

— Pff… quel avare! Il mange tout mon poisson, marmonna Anansi dans sa barbe.

Le Lion se tourna vers lui en haussant les sourcils.

— Que dis-tu, Compère Anansi? questionna le Lion.

— J’ai dit que tu ne manges pas ta moitié assez rapidement, répondit Anansi, effrayé de se faire bouffer par le félin.

Le duo termina donc le repas sans un autre mot, le seul son provenant d’eux étant le bruit de leur mastication. Mais Anansi voulait bien se venger du Lion d’avoir mangé toutes ses réserves. Il L’invita donc à relever un défi pour déterminer lquel d’entre eux serait le plus fort. Le Lion accepta.

— Nous nous attacherons donc l’un l’autre à un arbre à tour de rôle, afin de définir qui est le plus fort, dit Anansi.

Les deux êtres se mirent d’accord pour que le Lion attache Anansi en premier avec de la ficelle. L’animal s’exécuta donc, attachant Anansi à un gros tronc avec une bobine de mince fil. Évidemment, Anansi n’eut qu’à se dandinner un peu de chaque côté pour se défaire de sa prison.

Lorsque vint ensuite le moment d’attacher le Lion à son tour, Anansi utilisa uen épaisse corde, qu’il serra autour de l’arbre de toutes ses forces. Le Lion eut beau tenter de se défaire de son attache en y mettant toutes ses forces, il n’y arriva point. Anansi prit donc l’opportunité de frapper le prédateur avec un bâton tout en riant.

Dès qu’il en eut assez, il s’enfuit à toutes jambes sans même libérer le Lion, de peur de se faire dévorer par l’animal sous l’effet de sa colère.

Près de l’endroit où s’était déroulée cette mauvaise farce se promenait une jeune femme surnommée Mademoiselle Nancy. Elle marchait dans les bois en quête d’épinards callalous lorsqu’elle entendit une voix la saluer. Elle cherche l’origine de la voix et tomba sur le Lion attaché au tronc d’arbre.

— Bon matin, Compère Lion. Que faites-vous ainsi attaché? demanda-t-elle.

— Voyez-vous, Compère Anansi m’a fait une vilaine farce et m’a laissé ainsi attaché, répondit-il. Voudriez-vous bien me détacher?

La jeune femme hésita, ayant bien peur que l’animal ne la dévore après qu’elle l’eut libéré. Le Lion lut son visage et, devinant ses pensées, lui promit qu’il ne ferait rien de tel. Mademoiselle Nancy refusa tout de même, mais finit par céder à la demande devant l’insistance du prédateur.

— D’accord, Compère Lion, je vous détacherai, mais, que les arbres qui nous entourent vous inondent de honte si vous venez à briser votre parole.

Ainsi, Mademoiselle Nancy détacha le Lion. Si tôt fait, l,animal s’apprêta à dévorer la femme, mais les hurlement provenant des arbres l’arrêtèrent.

— Honte! crièrent-ils au Lion.

Mademoiselle Nancy prit donc l’opportunité de s’enfuit à toute vitesse chez elle et le Lion retourna vchez lui également. Lorsqu’il atteignit sa demeure et raconta ses péripéties à sa famille, incluant comment Mademoiselle Nancy l’avait sauvé, la famille du Lion convainquit ce dernier d’inviter la gentille dame à souper.

Lorsque l’invitation arriva aux oreilles du farceur Anansi, celui-ci voulut se joindre au plaisir gourmand et réussit à convaincre Mademoiselle Nancy de La,mener sous forme d’enfant en tant que son prétendu fils.

Désirant être un bon hôte, le Lion demanda à Mademoiselle Nancy le type de bouillie, ou de pap, que préférait son jeune fils, mais elle l’assura que celui-ci mangerait la même nourriture que tout le monde malgré son jeune âge.

Le souper se déroula donc à merveilleet tous et toutes eurent un grand plaisir. Cependant, l’un des lionceaux trouva le fils de Mademoiselle Nancy assez étrange. Après le souper, il partagea donc ses doutes avec son père que ce soit en fait Anansi. Le Lion partit donc à la poursuite du farceur.

Sentant que quelque chose clochait, Anansi demanda à Mademoiselle Nancy de le déposer sur la sol afin qu’il puisse courir et il s’enfuit toute vitesse. Quand le Lion s’approcha dangereusement près de lui, Anansi se transforma en vieil homme transportant du bois.

— Bonjour, Compère Lion, dit Anansi sous son air de vieil homme.

— Bonjour, Monsieur, répondit le Lion. Auriez-vous vu passer Anansi?

— Non, mais ce Compère Anansi manigance toujours quelques chose. Qu’a-t-il fait cette fois?

Le Lion lui expliqua les derniers tours du farceur, puis le vieillard déplora ses actions.

— Malheureusement, vous ne l’attraperez pas de si belle. Il doit déjà se trouver loin!

Le Lion remercia le vieil homme et retourna à la maison, piteux.

La série Contes de fée méconnus englobe des contes, mythes et légendes varié.e.s provenant des quatre coins du monde. Pour en lire davantage, visitez cette page dédiée aux articles de fiction.

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