Fundevogel et Lenchen — Contes de fée méconnus

Dans des temps oubliés, un forestier se promenait dans une forêt d’épinette lorsqu’il entendit des pleurs stridentes. Cherchant la source du bruit d’origine humaine, l’homme regarda autour de lui, ne remarquant surprenamment rien d’inhabituel. Un autre cri rententit. Le forestier leva les yeux et aperçut ce qui semblait être une petite main de bébé dépasser d’un nid d’oiseau.

Le forestier grimpa donc tout en haut de l’arbre immense afin d’atteindre le nid. Il y trouva un bébé garçon qui le regardait de ses grands yeux curieux. L”homme attacha le nourrisson à son dos et descendit doucement de l’arbre.

Le forestier l’ignorait, mais une fille-mère s’était endormie dans la forêt avec son nouveau-né dans les bras et un oiseau de proie l’avait enlevé et amené dans son nid. L’homme prit tout de même la décision de traiter le jeune enfant comme son propre fils et de l’élever avec sa fille Lenchen, qui venait tout juste de naître d’un accouchement qui avait causé le décès de sa chère femme.

Les années passèrent et le petit garçon, surnommé Fundevogel ou L’oiseau trouvé, s’attacha énormément à Lenchen, une affection réciproque. Les deux enfants devinrent des camarades de jeu et de leçon inséparables qui feraient tout l’un.e pour l’autre. Le forestier adorait les voir s’amuser ensemble. Ça lui réchauffait le cœur.

Cependant, il ne pouvait pas s’occuper de son fils et de sa fille en permanence et avait donc recours à sa cuisinière, Sanna, pour les surveiller lorsqu’il allait chasser. Malgré la bienséance de L’oiseau trouvé, Sanna ne tolérait point la présence du garçon. Elle ressentait une haine inexplicable envers le jeune innocent.

Un soir d’été, Lenchen vit la cuisinière remplir des seaux d’eau de puits et les amener à la cuisine de nombreuses fois, ce qui rendit la jeune fille curieuse. Elle questionna donc la dame.

— Sanna, pourquoi avez-vous besoin d’une si grande quantité d’eau?

— Si je te le dis, tu dois me promettre de garder le secret, répondit la dame.

La jeune fille, ne se doutant d’aucune intention néfaste, acquiesça aussitôt.

— Demain matin, lorsque ton père partira pour la chasse, je ferai bouillir cette eau et y cuirai L’oiseau trouvé!

La dame repartit en riant de façon mesquine. Lenchen n’en crut pas ses oreilles, et s’inquiéta tout de suite pour son frère adoptif.

Cette nuit-là, elle dormit difficilement, rêvant d’une soupe dans laquelle flottait la tête de son meilleur ami. Quelques minutes précédant le lever du soleil, Lenchen se réveilla en sursaut. Elle alla observer Sanna dans la cuisine dans l’embrasure de la porte et vit la cuisinière partir un feu sous une géante marmite d’eau.

La jeune fille eut un hoquet de surprise et courut réveiller son frère.

— Fundevogel, réveille-toi! lui chuchota-t-elle à l’oreille. Me promets-tu de ne jamais me quitter si je ne te quitte jamais?

Le petit garçon cligna des yeux, encore endormi, mais s’assit rapidement lorsqu’il vit l’expression sérieuse de sa sœur.

— Oui, Lenchen, je te le promets, lui répondit-il.

Lenchen procéda donc à lui résumer le plan de la cuisinière et les deux enfants s’enfuirent en courant de la maison familiale en direction des bois en se tenant par la main.

Lorsque Sanna se rendit à la chambre des enfants pour aller chercher le garçon, elle la trouva vide. La cuisinière les chercha partout dans la résidence et, revenant bredouille, envoya trois servantes les trouver dans la forêt derrière la maison.

Les enfants, cachés à la lisière des bois, remarquèrent que des servantes se dirigeaient de leur côté.

— Fundevogel, promets-tu de ne jamais me quitter si je ne te quitte jamais non plus? dit Lenchen.

Le garçon lui fit la promesse.

— Alors, tu seras un rosier et je serai la rose accrochée à tes branches.

Ainsi, L’oiseau trouvé devint un rosier et Lenchen une jolie rose. Lorsque les servantes atteignirent la lisière des bois, elles ne virent plus les enfants, à leur place un rosier et une jolie rose couleur de sang. Elles rebroussèrent chemin, expliquant à Sanna qu’elles avaient perdu la trace des enfants à la lisière des bois.

— Incapables! Comment avez-vous pu perdre leur trace? s’enragea la cuisinière.

— Il n’y avait que des arbres et un rosier sauvage orné d’une rose rouge, expliqua l’une des servantes.

— Quelles idiotes! Vous auriez dû trancher cet arbuste en son tronc et ramener la rose à la maison, cria Sanna avec colère.

Les servantes s’excusèrent abondamment, et retournèrent à la poursuite des jeunes êtres dans les bois.

Pendant ce temps, Lenchen et Fundevogel avaient atteint une grande plaine. Lorsque les enfants remarquèrent qu’on les poursuivait toujours, Lenchen se tourna vers son frère.

— Fundevogel, me promets-tu de toujours rester à mes côtés si je reste toujours à tes côtés? demanda la jeune fille.

— Bien sûr, chère Lenchen! répondit L’oiseau trouvé.

— Eh bien, tu seras une majestueuse église et je serai le chandelier en ton intérieur. Vite! dit Lenchen.

Ainsi, Fundevogel devint une grande église contenant seulement un chandelier. Lorsque les servantes atteignirent la plaine, elles ne virent qu’une belle église vide, sauf pour un joli chandelier. Ne voyant les enfants nulle part aux alentours ou au loin, elles revinrent bredouille devant la méchante cuisinière. Elles expliquèrent qu’elles avaient perdu les enfants devant l’église au chandelier et Sanna les frappa.

— Vous auriez dû détruire cette église pierre par pierre et rentrer avec le chandelier! se fâcha Sanna. Quelles incapables, je dois tout faire moi-même…

La cuisinière et les trois servantes retournèrent à la poursuite des enfants.

Au-delà de la plaine, Lenchen et Fundevogel arrivaient dans la cour d’une grande ferme. La jeune fille se tourna vers L’oiseau trouvé.

— Mon frère, me promets-tu de ne jamais m’abandonner si je ne t’abandonne jamais? demanda Lenchen.

Fundevogel acquiesça et prit sa sœur dans ses bras.

— Alors, tu seras une mare et je serai une cane nageant à ta surface, dit la jeune fille.

Ainsi, L’oiseau trouvé devint une mare et Lenchen une cane y nageant.

Lorsque la cuisinière et les servantes arrivèrent, elles ne virent qu’une mare et une cane. Voyant à travers le subterfuge des enfants, Sanna fit un rire démoniaque et s’agenouilla près de la mare pour en boire le contenu.

Dès que son visage s’approcha de l’eau, la cane sauta sur la nuque de la cuisinière et enfonça sa tête sous l’eau. Les trois servantes échangèrent un regard, puis aidèrent la cane à enfoncer la tête de Sanna sous l’eau. Ce ne fut pas long que la vieille et méchante dame se noya.

Lenchen et Fundevogel purent ainsi rentrer à la maison, accompagné.e.s des trois servantes, et retourner auprès de leur père aimant.

La série Contes de fée méconnus englobe des contes, mythes et légendes varié.e.s provenant des quatre coins du monde. Pour en lire davantage, visitez cette page dédiée aux articles de fiction.

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